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SGSHBC : Séniors 3-Séniors 4, une meute ambitieuse

27 septembre 2018 - 17:05

ITW Présaison • Séniors Région & Département - 2018-2019 • SGSHBC

 

Ne les appelez plus Séniors 3 et Séniors 4 ! Nos équipes Séniors Région et Département sont devenus, sur le papier depuis l’an passé, les équipes Séniors 1 et 2 du Saint-Gratien Sannois Handball Club, derrière les N1 et N3 de l’Élite Val d’Oise Handball de Samy et Laurence. Derrière certes, cachées un peu et sous-exposées, mais pas sans ambition. Interview de début de saison à quatre, à l’initiative de Patrick l’homme à tout faire des groupes, avec les deux (nouveaux) coaches, John Prévost (Région) et Pierre Pautre (Département) et les deux (anciens) capitaines, Quentin (Région) et Hervé (Département). Ça rigole bien, mais ça bosse fort après un bon début de saison des deux collectifs, invaincus (deux succès pour la Région et un pour la Département) ! Une belle leçon de vie et de Handball à la fois.

 

• Fred Thoos (Saint-Gratien Sannois Handball Club) : Vous venez de reprendre tous les quatre le championnat, avec les équipes Séniors Région et Département du SGSHBC. Parlez-moi de votre intersaison et de la préparation, forcément différentes par rapport aux groupe N1 et N3 de l’Élite Val d’Oise Handball, avec deux nouveaux coaches.
Quentin Cottret (Capitaine, Séniors Région) : Les deux collectifs ont repris le 20 août. L’intersaison a été une prépa’ individuelle, chaque joueur en son âme et conscience. Puis on a repris le gymnase et le physique. Je ne connaissais pas cette manière de faire. Mais c’est logique. C’est pour ça que l’on était un peu léger pour les premiers matches amicaux. Avec deux-trois semaines d’entraînement, on a vu la différence. En fin de saison, chaque joueur part avec un planning. Mais après, il fait comme il veut.
John Prévost (Entraineur, Séniors Région) : On a vu ceux qui étaient prêts et ceux qui ne l’étaient pas. J’ai récupéré des joueurs avec un niveau inégal. Mais il ne faut pas oublier que ce sont des Amateurs avant tout. Je ne les connaissais pas, je suis arrivé en juin dernier au club et on a fait une petite séance pour se connaître. Je ne me voyais pas - sur une séance - dire aux joueurs : “toi, tu feras ça, toi ça”. J’ai donné une base avec comme fil conducteur le premier match de championnat (gagné le 15 septembre contre Rosny-sous-Bois, 25-21). Il faut être prêt pour la rentrée selon ses capacités, car on ne va pas demander la même chose à des joueurs de 40 ans qu’à des petits jeunes qui espèrent aller plus loin. C’est pour ça aussi que les programmes ont été poussés, mais limités parfois.
Pierre Pautre (Entraîneur, Séniors Département) : Moi, je suis arrivé l’an passé au club, en tant que joueur à la base. Je ne venais pas pour entraîner, puis j’ai accompagné la 4 et voyant un peu l’an passé que l’on cherchait des entraîneurs au club, je me suis proposé. Quand John est arrivé, on s’est rapproché, alors que je ne savais pas faire. Je l’ai laissé proposer à tout le groupe Séniors 3-4 avec les mêmes consignes.
Quentin Cottret : On travaille sur un groupe global d’une trentaine de joueurs, dix de l’équipe Région, 10 de l’équipe Département et une dizaine qui peuvent jouer dans les deux groupes.

• Vous avez deux groupes hétérogènes avec des joueurs de 40 ans, des expérimentés plus jeunes et des jeunes, même, qui montent de U17. Présentez-moi vos collectifs…
John Prévost : Certains jeunes sont même mineurs !
Hervé Yvon (Capitaine, Séniors Département) : Il y a de la maturité et de la confiance acquises par rapport à nos jeunes l’an passé. Les diplômes peut-être ou des faits précis, mais on leur a laissé du temps de jeu et on leur a permis sur leur temps de vie en dehors de s’améliorer pour leur temps club. Il y a eu des hauts et des bas, comme dans tous les clubs, mais nous avons des jeunes fiers de représenter Saint-Gratien Sannois. Du coup, ils veulent se donner toutes les chances d’être mis en lumière un jour sur les passerelles avec l’Élite Val d’Oise Handball. Ils ont la chance d’avoir une personne comme Laurence (Beaulieu), un monument du handball dans le Val d’Oise. Les jeunes savent que si il y a dépassement de soi, cohésion et les valeurs du handball sur le terrain, un jeune qui se donne les moyens y arrive.
Quentin Cottret : Un jeune qui s’en donne les moyens peut s’entraîner lundi et vendredi avec la N3, mardi-jeudi avec la Région et mercredi avec la Département. Ces jeunes progressent avec des joueurs de niveau national avant de jouer en Région.

• Vous êtes devenus depuis l’an passé les équipes Séniors 1 et 2 du SGSHBC. Est-ce que cela a changé quelque chose pour vous et pour le club ?
Quentin Cottret : Pas vraiment. Pour moi, on reste les équipes 3 et la 4. On ne dit pas la 1 et la 2 ! On n’a pas la prétention de se positionner en tant que 1 et 2 de Saint-Gratien. L’Élite Val d’Oise, c’est quoi, des joueurs de Saint-Gratien et Franconville…

• Il y a une forte volonté du club de communiquer sur vos équipes et sur les jeunes du SGSHBC. Un club ou un projet, ce ne sont pas que son ou ses équipes phares, même si on a été professionnel…
Quentin Cottret : Je trouve ça très bien de la part du club et de nos dirigeants ! Quand je vois nos photos sur le site du club, comme les équipes Élite, je trouve ça bien, déjà, mais il n’y a pas que ça ! Peu de joueurs arrivent de l’extérieur pour jouer en Région. Ce sont des anciens U17 qui sont promus. C’est bien de promouvoir nos deux équipes, car des joueurs aussi de niveau intermédiaire de l’extérieur peuvent se projeter en Région.
Hervé Yvon : Dans notre travail, on essaie de réduire les écarts de niveau. Ces groupes demandent aux joueurs de progresser sur eux-mêmes en même temps qu’on doit les faire progresser. Nos deux équipes, c’est un tout. Il faut en parler.
Quentin Cottret : Moi, j’ai connu ça quand j’étais dans le Sud. Il y a deux clubs en un. Une partie pro ou semi-pro et les Amateurs et les jeunes, comme le dit John. Mais attention, quand on porte le maillot de Saint-Gratien, on se bat pour Saint-Gratien.
John Prévost : Ce genre de projet, j’en ai connu ailleurs. Ce qui me plaît, c’est la structure. La clé de voute, ce sont les N1 et N3. Puis en-dessous, il y a les piliers, les fondations, la base représentés par nos deux équipes Séniors et tous les collectifs jeunes avec les clubs de Saint-Gratien Sannois, idem à Franconville. Il ne faut pas oublier d’où on vient. Il faut consolider la base.
Quentin Cottret : Cette équipe Région permet aux jeunes qui n’ont pas leur place en N3 d’évoluer à un niveau intéressant tous les week-ends et aux vieux qui n’y ont plus leur place de continuer à se faire plaisir. Les vieux encadrent les jeunes et cela fait une cohésion pas mal dans un groupe de 30 joueurs sur deux équipes !
Hervé Yvon : On ne sent pas forcément la différence entre nos deux équipes sportivement. La mayonnaise prend bien sur l’ensemble. On oublie ce que l’on est dehors. On est en meute et on avance en meute.
John Prévost : Ce phénomène de meute, je l’ai repéré. J’aime ça ! C’est indéniable. Parmi les 30-40 joueurs, si l’un montre les dents, le plus costaud lui dira : “Hé, attention”… C’est tout dans le respect. C’est intéressant pour le groupe.
Quentin Cottret : Les petits jeunes veulent prendre la place des anciens et les anciens ne veulent pas se faire avoir par eux. Cela fait une saine concurrence.
Hervé Yvon : La différence entre Région et Département, on la sent plus sur la qualité des joueurs que sur le championnat en lui-même. Peut-être que c’est le niveau qui veut ça en Ile-de-France. Mais sur deux équipes proches, les joueurs montent, descendent comme ça.

• Quels sont vos objectifs pour cette saison ?
Pierre Pautre : La 4 est déjà montée la saison dernière pour permettre à la 3 de garder ce niveau-là. Pour la 3… Avec des objectifs, cela montre aux jeunes qu’il faut sortir de leur contexte et de s’ouvrir. Cette saison, c’est leur chance, notamment dans le groupe 3 avec John, nouvel encadrant.
Quentin Cottret : En Séniors Région, nous sommes dans une poule qui a beaucoup bougé, a été remixée. Les équipes devant nous l’an passé sont dans une autre poule, comme Bois-Colombes et Aulnay-sous-Bois. Donc, il est difficile de se projeter, il faudra voir à mi-saison. On va découvrir presque toutes les équipes. Nous sommes en Honneur Région et l’autre équipe est en 1re division territoriale, juste en-dessous. Pour espérer monter, en Excellence Région (au-dessus encore, il y la Prénationale… puis la N3), je ne sais pas…
John Prévost : L’objectif serait d’aller en Excellence, effectivement… À voir. Et pour la 4…
Pierre Pautre : Sur la réponse avec le sourire, l’objectif, c’est nous de monter au niveau Région de la 3. Comme ça, s’ils se cassent la gueule, il reste une équipe du club. Après, en étant sérieux, il y a eu un gros turnover dans le groupe par rapport à l’an passé. Donc, sur la première partie de saison, je veux jouer le maintien et après, on se projettera devant. Maintenant, si c’est plus ou moins le niveau de l’an passé que l’on a connu pour la montée, si on reproduit ce que l’on a fait, on peut jouer les premières places. Sans être trop ambitieux, si on remet en place notre jeu de la 2e partie de saison, on peut embêter beaucoup de monde.
Quentin Cottret : Allez, je vais affiner en Région : top 3, sans connaître le niveau des équipes !
Pierre Pautre : Au moins 5e en Département et après, on verra.

• Samy et Laurence m’ont parlé d’une grande transversalité et transparence entre toutes les équipes Séniors des clubs, les N1 et N3 de l’Élite et les équipes Séniors de Saint-Gratien Sannois et Franconville. Le vivez-vous comme cela aussi ? Comme un tremplin à tous les étages ?
Quentin Cottret : Nous, on peut recevoir de l’aide des joueurs de la N3, mais l’inverse est délicat, car en N3, il y a des obligations d’âge. La passerelle se fait plus au travers d’entrainements auxquels les jeunes peuvent participer pour progresser.
John Prévost : Laurence, en N3, connaît nos jeunes joueurs. Elle en prend 5-6 qui vont s’entraîner avec elles parfois la semaine.
Pierre Pautre : La dynamique que ça montre, on la retrouve pour nos jeunes qui viennent d’arriver dans le groupe et qui ont envie d’aller jouer plus haut vite. Dans les faits l’an passé, des jeunes ont fait la bascule et ça montre que c’est possible qu’en étant déjà très bien avec nous, ils peuvent s’investir dans notre groupe et que l’an prochain, ils auront leur chance pour accéder en N3.

• Vous sentez cette volonté des dirigeants de Saint-Gratien Sannois de promouvoir et aider vos équipes, comme d’attirer des spectateurs, avec, derrière, des ambitions sur le long terme ?
John Prévost : On travaille là-dessus. C’est un souhait. Mais on ne peut pas arriver avec nos gros sabots et crier des choses haut et fort. Doucement, ça vient.
Pierre Pautre : Moi, je le sens sur mon équipe. L’an passé, c’était compliqué d’organiser des matches avec les obligations que cela implique (table de marque, police terrain…). Cette année, on profite aussi de toute la machine du club pour l’organisation énorme des rencontres. Ce genre de petites choses, c’est bien et ça fait avancer les équipes aussi hors du terrain. On se sent plus estimé. Il faut aussi penser à nous, avec le matériel, les bénévoles qui viennent aider le week-end. Ça arrive.

• Que faut-il vous souhaiter pour cette saison ?
John Prévost : Des vieux en forme !
Hervé Yvon : Avoir un maximum de collectif après les fêtes de fin d’année et des collectifs qui ont envie de remettre les pendules à l’heure à tout le monde. Ce n’est pas évident ! La motivation n’est pas toujours évidente. On sait aussi que l’on s’autogère. Avec nos collectifs, il faut être force de proposition.
Quentin Cottret : Je le dis toujours, c’est ce qui a fait notre force l’an passé : la mayonnaise a bien pris. Et ça s’est vu sur des résultats et des attitudes de joueurs devenus titulaires en Région et qui s’entrainent en N3. Ce qu’il faut nous souhaiter, c’est que cela prenne bien aussi avec nos nouveaux jeunes, déjà. Le contraste N3-Région est évident. Donc, la mayonnaise doit prendre. Il y a de gros écarts d’âge avec des garçons de 40 ans et d’autres de 17. Mais cela fait la force de notre équipe depuis deux ans.
Hervé Yvon : Autre chose que je veux mentionner, l’an passé, la 4 est montée d’une division sans jamais avoir de supporters de la saison, en dehors de nos familles. C’est dur à vivre, à la maison comme à l’extérieur. Mais pour nos jeunes, ce serait bien de voir des supporters. Cela endurcit aussi de jouer dans ces conditions parfois extrêmes, même à l’extérieur.
Quentin Cottret : Quand tu joues dans le Val d’Oise dans une petite salle hostile, tu apprends le Handball comme ça aussi et c’est formateur. Tu ne peux pas jouer en N3 tout de suite. Tu ne t’appelles pas Karabatic à 17 ans ! Il faut en passer par là.

• Et sportivement alors ? Avancez-vous !
John Prévost : On se cache, on a envie de finir 1er les deux équipes. Mais on ne veut pas l’annoncer trop fort. On ne sait pas si on va y arriver.
Quentin Cottret : La 4, je connais certains de leurs adversaires : le maintien est possible, la 1re place sera dur pour cette année. Nous, en 3, sans connaître nos adversaires… Je dis top 3 en se projetant.
John Prévost : On ne se connaît pas encore. C’est le problème. Combien de joueurs sont partis à l’intersaison ? 5, 6 ?…
Hervé Yvon : Les changements de Ligue ont fait que le niveau est plutôt homogène à présent. C’est bien. On verra.
Pierre Pautre : Moi, j’ai aussi un objectif humain : se faire plaisir ensemble sur le terrain. Si tu te donnes les moyens, que tu gagnes ou que tu perdes, c’est moins grave. Mais cela te donne envie de te dépasser pour ton voisin, d’aller plus loin, car tout le monde va dans le même sens et se fait plaisir. Moi, j’ai appris ça quand j’étais jeune dans le Handball, me dépasser pour le mec à côté de moi. C’est plus ça que je veux transmettre aux jeunes. Le Hand, ils l’ont, ils ont plus de technique que moi. Mais il y a l’état d’esprit. Je ne vais pas réinventer le truc. Je mettrai plus l’accent sur ça pour les objectifs sur la 4 et les résultats viendront.

• L’état d’esprit chez vous est encore plus proche, plus fort que dans les autres collectifs adultes…
John Prévost : On est obligé, on est des Amateurs avant tout. La meute, les jeunes qui poussent les vieux, les vieux qui les taquinent, ça donne une image. Il y a un grand respect et une saine émulation.
Hervé Yvon : Moi, je me souviens d’un moment l’an passé, après une des nombreuses victoires victoire de la 4. Les jeunes ne venaient jamais boire un coup avec les vieux après les matches. On a crevé l’abcès : “c’est financier les gars, ou vous préférez les copines ?”. Réponse, “c’est financier, on peut pas”. Ok, nous les vieux, on a pris les choses en main. On n’est pas riche, mais on leur paie un coup pour rapprocher le collectif et être ensemble encore après les matches. Pour la cohésion. Le sport collectif, ça fédère, ça rapproche aussi.

Interview réalisée par Fred Thoos (SGSHBC)
Photos : Patrick Lafourcade (SGSHBC)

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