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Mehdi LACRITICK : « J’attends plus de moi, de nous… Car il y a un vrai truc à faire ici »

25 octobre 2017 - 11:58

L’Après-Match - N1…
. 7e journée : contre Lanester (27-23)

 

Mehdi LACRITICK

« J’attends plus de moi, de nous… Car il y a un vrai truc à faire ici »

 

Renfort de choc au sein de l’attaque gratiennoise depuis l’été 2016, le pivot ardennais, formé au PSG puis à Nanterre, est un des éléments-clés de l’Élite Val d’Oise Handball. Son avis compte. Et au moment de se tourner vers la phase retour, après la fin de la première phase aller et un 4e succès, il est sans concession pour lui, son équipe et l’avenir du club. Ambitieux et serein.

 

Frédéric Thoos (EVOH) : Vous terminez les matches aller par une 4e victoire, après votre unique défaite sur le terrain à Angers, mais aussi un match mal maitrisé contre Lanester. Le résultat est là…
Mehdi Lacritick : On avait à cœur de gommer le gros faux pas de la semaine précédente à Angers. On a le match nul en poche, la balle pour gagner, on ne doit pas perdre. On frôle la faute professionnelle après un match moyen… On voulait faire un gros match en défense contre Lanester pour nos gardiens qui se font pas mal allumer depuis le début de l’année. Donc, on fait une bonne entame de match. Mais au lieu de tuer le match à +9 (14-5 à la 22e), on a les balles pour, on prend des deux minutes bêtes et on les remet dans le match. Puis on fait une bonne entame de deuxième mi-temps. Le match est plus serré, mais après, on arrive à être sérieux jusqu’au bout, ce que l’on n’a pas fait depuis 2-3 matches (Créteil, Bruges, Angers) que l’on finit mal. Là, c’était serein. Petite dédicace à Tino (Martin Oliver) qui fait un gros match (11 arrêts) et nous aide vraiment avec une grosse défense aussi. Ce match fait plaisir. Tout le monde a bien joué.

Encore un scénario différent, où vous êtes devant au score toute la partie. Sans tuer le match…
C’est comme ça, c’est dur de faire un match plein sans avoir de trou dont l’équipe adverse profite. On est pas mal à avoir beaucoup joué depuis le début de saison. Moi en premier, je sens le physique qui pêche un peu. Le besoin de récupérer sur deux-trois actions. Mais franchement, ce match fait plaisir.

On est à la mi-temps de cette première phase. Globalement, il faut être satisfait. L’équipe est à sa place…
(Il réfléchit) Globalement, on est dans les temps de passage. On nous a demandé de faire les Play-offs et on est “playoffable”… Après, par rapport aux joueurs de l’équipe, à ce que l’on a vécu l’année dernière même si c’est une saison compliquée, on doit avoir beaucoup plus de maturité et on doit nettement mieux gérer nos matches. Contre Créteil, on gagne facilement, mais on ne doit jamais montrer ce visage-là et on rentre dans le vestiaire où on a l’impression que l’on a perdu… Bruges ? Pour moi, c’est une défaite. Lanester a mis une rouste à Bruges (33-19) et ce sont des scores que l’on doit mettre aussi. Angers ? J’ai un gros goût amer après ce match… Cela ne m’est jamais arrivé. On a 33’’, la balle et on tire au bout de 9’’-10’’. C’est du jamais vu. On a tiré comme si on perdait… Non ! Je suis déçu. Il y a aussi la pénalité comptable de Saintes. Tout cela fait mal. On devrait être tranquille devant… Bon, on signe pour la même phase au retour qui nous mettra en Play-offs. Mais il faut penser à l’après. Aller en Play-offs pour y faire de la figuration ne m’intéresse pas… J’ai déjà une grosse revanche à prendre sur Angers ! On les a vu devant la gare après le match, ils nous ont dit merci ! Ils avaient peur de perdre. Pour le moment, je suis plus déçu qu’autre chose. J’attends plus de moi, de nous. Pour une descente de D2, j’attends mieux !

Dans l’état d’esprit, le groupe vit bien. Il aurait pu exploser plusieurs fois. Mais vous êtes restés ensemble et vous êtes bien repartis…
Pas sûr que le groupe aurait pu exploser. L’an passé, on part en sachant que le groupe est super léger. L’équipe contre Lanester, on le voit l’an passé, sans un gros shooteur en D2, on n’existe pas. Si on n’a pas de gabarit, des 3 centraux plus de mon gabarit aux 2 mètres, on ne peut pas exister. On a fait de bonnes premières mi-temps, mais après, les machines adverses à 14 joueurs tournaient. Nous, on n’était jamais 14… 8 joueurs ont joué toute l’année, les autres pas beaucoup. Mais non, ça ne me surprend pas que le groupe n’ait pas explosé.

Vous êtes aussi dans un club à la mentalité particulière, chaleureuse…
Oui, cette mentalité club-famille ! C’est bien, c’est une bonne chose, cela me fait du bien. Mon précédent club, ce n’était pas forcément ça. Mais à un moment, il faut savoir évoluer. Si on veut atteindre le haut niveau, il va falloir mettre un peu ça de côté. Le professionnalisme, de nos jours, ne laisse plus la place à autant de familiarité. On a besoin que ce soit carré de A à Z. Faire la fête, communier avec tout le monde, le public, les bénévoles, pas de souci, mais ça demande plus de sérieux et de structuration. De gros efforts sont faits, mais c’est assez long.

Que faut-il changer pour vous sur cette 2e phase ? 
Sportivement ? On a une bonne assiduité à l’entraînement, pour ceux qui travaillent notamment ! On a un bon outil de travail, une bonne salle. Il nous manque une vraie salle de musculation, de pouvoir s’entraîner à plus de joueurs le matin. C’est dur de performer quand des clubs comme Angers ont quasiment huit entraînements la semaine et 4. On m’a toujours dit “on joue comme on s’entraîne”. Plus on s’entraine, plus on a de chance d’être à un niveau plus haut. C’est vraiment là où il faut que l’on progresse au niveau du club. Si on arrive à s’entraîner plus… L’argent est toujours le nerf de la guerre ! Pour s’entraîner le matin, il faut des joueurs pros, car les gars travaillent, ou des étudiants, mais qui n’ont pas toujours le temps. Mais il faut de l’argent aussi, c’est toujours pareil !

Ce que tu reproches à la structuration, c’est de franchir un cap encore, ce sur lequel on travaille !
Oui. Cela peut paraître prétentieux. Demandez, des joueurs de l’équipe ont connu un niveau un peu plus élevé. J’en fais partie. Demandez dans d’autres clubs, on a beaucoup voyagé ! Ce n’était pas forcément aussi bien structuré. Mais il y avait une vraie structuration… Si on veut qu’il y ait un vrai engouement, car il y a un vrai truc à faire ici, qu’il y ait plus de spectateurs, notamment à Hidalgo qui est deux fois grand que le CSL où c’est assez bien rempli… Des petits détails ridicules font la différence et créent un engouement ! Ils vont faire grandir et se développer le club. Il faut fidéliser les gens, faire du travail dans la ville, les écoles. Je suis éducateur pour une autre commune, on le fait, c’est important. Cette année, on a commencé un petit parrainage avec l’équipe première. C’est bien. C’est dur, car des gens travaillent. Moi je travaille tous les jours. Donc je ne peux pas venir avant l’entraînement. C’est compliqué. Il y a du boulot et il y a plein de gens volontaires… On a une équipe réserve et une équipe première qui fonctionnent bien. Il faut qu’il y ait plus d’échanges entre les deux, sans passe-droit attention, que ça switche bien entre les deux.

Vous êtes tout de même à votre niveau cette année. L’an passé, vous méritiez mieux que de redescendre et cette année, vous êtes là, presque au sommet…
Oui ! On possède un groupe avec de grosses qualités. C’est juste que l’on a des qualités qui dénotent par rapport aux autres équipes. On n’a pas de shooteur de loin, pas de gabarit. Contre Lanester, on voit encore des gars à droite et à gauche capables de titrer à 10 mètres. Nous, on en met de temps en temps, mais c’est rare et on est plus sur contourner les défenses, les traverser. Notre jeu est comme ça. On arrive à le faire fructifier, à courir, monter des balles. Si on a des petits gabarits, il faut s’en servir. Mais sur un match comme Lanester, à la fin du match, les gros commencent à tirer la langue, moi le premier ! C’est dur. Notre projet de jeu peut largement exister en N1, plus difficilement en D2.

L’objectif à moyen terme est retrouver la Proligue ?!
Il faut, il faut ! Surtout que dans le département, y a pas ! En région parisienne, hormis les clubs historiques, y a pas ! Il va falloir remonter un club en D2. Il n’y a pas de raison. On a eu Massy, Nanterre furtivement. Il faut qu’il y ait quelque chose. Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que “Paris”.

Le travail se trouve à tous les étages, avec la tête sur les épaules aussi !
Tout à fait. Il faut rester humble, ne pas se monter le bourrichon. Il faut se maintenir la première année, même à l’arrache. C’est comme ça qu’on travaille. Quand Massy est monté, ils finissaient ric-rac. Mais maintenant, ils sont en D1. Et ils n’avaient pas un gros budget. Comme quoi on peut exister même sans un gros budget. Mais je reste persuadé que dans le département, avec un gros engouement, il y a le moyen d’avoir quelque chose !

Vous les joueurs voulez faire partie de cette aventure, de cette histoire !
Moi, je commence à être vieux. J’ai 32 ans, bon, ça va. Mais dans l’équipe, il y a énormément de jeunes. Dans mon ancienne équipe (Nanterre), j’étais le plus jeune. Là, je suis un des plus vieux. On est cinq trentenaires (Fabien Ségarel, Amilcar Martily, Alex Go, Omar Benali et Mehdi), avec le vieux Benali, 34 ans… C’est jeune derrière. Il y a largement quelque chose à faire. Mais il faut recruter… L’argent… Vivre sur son vivier de joueurs est difficile. Je le répète, il y a largement les moyens de bien faire à tous les niveaux !

Cela passe déjà par une belle saison !
C’est une évidence. Si on veut ramener des sponsors, il faut leur “vendre du rêve”. On ne met pas des euros sur une équipe qui n’avance pas. L’an passé, des “promesses” se sont retirées. Je comprends. On va voir, cette saison déjà. Des joueurs sont en fin de contrat, moi le premier. On va voir l’évolution, le projet, les jeunes, comment on est conservé, sous quelles conditions…

Il faut réfléchir intelligemment de chaque côté et tout évaluer.
C’est exactement ça !


Interview réalisée par Frédéric THOOS (EVOH)
Photos : Isabelle ALLARD-TOUBAL (EVOH)


. Prochains matches de l’Élite Val d’Oise Handball (N1)…
- 4e tour de Coupe de France : le samedi 28 octobre à Handball Hazebrouck 71 (20.00, Stade Henri Desbuquois)
- 8e journée : le samedi 4 novembre contre US Saintes Handball (18.30, Halle Hidalgo)


. Déjà joués…
- 1 : à US Saintes Handball, 27-26 (mt : 12-14) (match donné perdu)
- 2 : contre Pau Nousty Sports, 32-28 (mt : 18-17)
- 3 : contre US Créteil Handball, 35-33 (mt : 16-12)
- 4 : à CO Vernouillet, 38-33 (mt : 16-16)
- 5 : contre Bruges 33 Handball, 33-33 (mt : 18-20)
- 6 : à Angers Noyant Handball Club, 32-33 (mt : 17-19)
- 7 : contre Lanester Handball, 27-23 (mt : 14-11)

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